Lettre ouverte aux Chirurgiens-Dentistes de France à l’occasion de leur prochain Congrès national

Lettre ouverte aux Chirurgiens-Dentistes de France – 19 mai 2022

Le 15e Congrès de la profession une nouvelle fois dans les starting-blocks, la voix des usagers sera-t-elle comme toujours mise à l’écart ?

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Docteur(e)s, congressistes CDF,

La Dent Bleue est aujourd’hui la seule association française indépendante créée par et pour la patientèle du dentaire. Née du regroupement des victimes des scandales que votre profession connait bien car elle en est témoin (Dentexia, Proxidentaire…), l’association a évolué vers la représentation de l’ensemble des usagers du secteur sur tout le territoire national, quels que soient les statuts juridiques des établissements de santé qui les accueillent et leur mode d’exercice de la dentisterie.

En médecine dentaire, une dent bleue, c’est une dent qui a perdu toute vitalité. Pour notre association, c’est tout l’inverse : chaque initiale de La Dent Bleue renvoie à un combat devenu pour nous vital.

Lobbying : au sens le plus noble, qui est celui d’influencer (au profit des patient.e.s) les pratiques des professionnels et les décisions des pouvoirs publics et des organismes en charge de l’abondante réglementation qui régit votre domaine professionnel. En tant que syndicat, le premier de la profession en nombre d’adhérent.e.s, vous faites de même (au profit cette fois-ci des chirurgiens-dentistes). Pourtant, il n’est pas dit que nos analyses, nos aspirations, nos revendications, voire nos intérêts doivent systématiquement diverger. Au contraire. Nous en voulons pour preuve nos luttes parallèles afin que soient mieux encadrées, au plan législatif, la création et l’activité des centres de santé que l’on a vu proliférer ces dernières années. Alors qu’elles semblent disjointes, nos luttes convergent en réalité sur de nombreux aspects, notamment en matière d’éthique (médicale et financière).

Défense : les affaires, les scandales qui ont défrayé la chronique prouvent que les intérêts des patients doivent être mieux pris en compte. De tous les domaines de soins, le dentaire est sans doute le seul qui, jusqu’à présent, ait échappé à l’intervention collective des patients. La Dent Bleue entend combler ce manque, en redonnant d’abord aux usagers la centralité qu’ils/elles devraient occuper dans tout système de santé. Il nous paraît à la fois rationnel et légitime de militer pour que la patientèle soit mise au cœur (des préoccupations) du secteur dentaire, puisque ce sont des patient.e.s qu’il s’agit de soigner (et non une maladie, encore moins un modèle économique, un corpus réglementaire, une corporation ou une structure juridique). Il nous semble par ailleurs que la capacité des usagers du dentaire à rétroagir positivement sur le système de soins n’a pas été appréciée à son juste niveau. Cette rétroaction positive peut prendre la forme d’une analyse plus efficace des dérives du secteur. Outre les remontées de patient(e)s, c’est l’ambition de la plateforme DentalLeaks, que nous avons récemment lancée sur le modèle WikiLeaks, invitant les professionnels (œuvrant dans la sphère du dentaire ou au sein d’une organisation) à transmettre de manière sécurisée et anonyme tout document d’intérêt général qui, après vérification, sera communiqué aux autorités et tutelles de santé.

Bonnes pratiques enfin, pour favoriser la confiance, d’abord circonscrite aux rapports entre praticiens et patients, mais qui s’étend en réalité à tous les protagonistes du secteur (autorités de tutelle, organismes sociaux, assureurs, financeurs des soins) et forme la condition sine qua non de l’alliance thérapeutique élargie qu’il s’agirait de mettre en place autour des usagers. Nous ne nous attarderons pas ici sur les dispositions qui devraient s’imposer aux plans prophylactique (hygiène), thérapeutique (consentement éclairé), économique (conditions d’encaissement), matériel (ex : traçabilité), réglementaire (ex : stérilisation) et en cas de litige (voies de recours). Vous êtes attachés à un exercice libéral. En tant que patients, nous n’avons rien contre, surtout que votre déontologie professionnelle entend laisser votre exercice en dehors du marché. Cependant, certains faits nous rattrapent, comme la cherté des soins dentaires (ceux dits de qualité) et leur relative inaccessibilité pour la frange de la patientèle la plus en besoin de traitements globaux (prothèses sur implants), une situation que n’a pas solutionnée le panier 100% Santé et qui fait le lit du low-cost, du tourisme dentaire, quand ce n’est pas celui du renoncement aux soins. Comme l’a bien expliqué Olivier Cyran (membre d’honneur de notre association) dans son livre « Sur les dents : ce qu’elles disent de nous et de la guerre sociale », le modèle actuel tend à favoriser l’implantologie et la prothétique au détriment des actes de prévention et de soins. Alors même que la vocation première des soins bucco-dentaires est de conserver et de soigner les dents. Ce constat implique de réfléchir à la revalorisation des soins dentaires courants (que ces derniers soient préventifs ou curatifs) ainsi qu’aux limites de la tarification à l’acte. Les négociations conventionnelles récentes et à venir doivent parvenir à imposer un changement de paradigme. Il nous tient à cœur de respecter le principe fondateur de la Sécurité Sociale, chacun contribuant selon ses moyens et recevant selon ses besoins, tout en réfléchissant à de nouvelles voies de financement de la santé dentaire et de contrôle des risques et abus (par exemple en orthodontie ou en lien avec l’exercice de la profession d’assistant dentaire qualifié).

Le message de notre association à votre profession à l’occasion du présent Congrès est d’appeler à une plus grande co-construction du système de soins en matière dentaire. Parmi les enjeux que nous avons identifiés, outre l’hygiène et la prévention, se trouve l’évaluation de la qualité des soins, qui suppose le contrôle a priori comme a posteriori des plans de traitement et des actes, notamment les plus lourds sur le plan financier ou susceptibles par leur irréversibilité d’hypothéquer la santé des patients. Les remontées qui nous parviennent nous donnent à penser que la sinistralité (évaluée en moyenne à 7%, selon le dernier rapport de la MACSF) est sous-estimée. Parce qu’ils impactent douloureusement et durablement les patients, tout en représentant un coût substantiel pour la collectivité, les incidents émaillant les parcours de soins ne devraient pas être considérés comme de simples aléas thérapeutiques. Parce qu’ils peuvent être le fait à la fois de centres de santé dentaire mais aussi de cabinets libéraux, l’appréhension de ces sinistres représente un défi transversal. Pour la patientèle, ce défi se traduit trop souvent par des difficultés (parfois insurmontables) à trouver les bonnes informations et les leviers adéquats pour faire valoir ses droits, ainsi que les fonds et un cabinet pour poursuivre le chantier dentaire, à supposer que la confiance et l’énergie de se réinscrire dans un parcours de soins soient encore au rendez-vous. Cette confiance, si elle peut être mise à mal par des centres de santé crapuleux (la majorité jouant leur rôle médico-social) ou par tel ou tel dentiste négligent (la plupart ne l’étant pas), l’est tout autant par l’application déraisonnée du principe de la confraternité (empêchant l’un.e des vôtres de décrier le travail d’un confrère ou d’une consœur).

Les sujets que nous avons listés feront certainement l’objet de débats à l’occasion de votre Congrès, sans que vous n’ayez besoin qu’une association d’usagers vous les rappelle. Il nous a toutefois paru important d’attirer votre attention sur le fait que la patientèle du dentaire a non seulement démontré sa capacité à s’autoorganiser (à l’occasion des récents scandales), mais qu’elle est en outre en mesure de s’approprier les problématiques qui la concernent. Loin de vouloir se substituer aux professionnels, elle poursuit son chemin propre : sa trajectoire d’encapacitation.

Comme nous avons à cœur de nous inscrire dans l’action, nous profitons de ce billet pour lancer un appel à vos dons solidaires. Deux projets nous tiennent particulièrement à cœur : d’abord, accompagner les victimes en détresse et les patient.e.s rencontrant des difficultés grâce à la mise en place d’une permanence d’écoute téléphonique ; ensuite, développer des collaborations (avec des professionnels engagés, des influenceurs-euses et des étudiant.e.s) afin de créer un site web de référence permettant de promouvoir l’éducation thérapeutique des patients (en déjouant la désinformation) et de stimuler de multiples partages et synergies.

Nous vous remercions pour votre attention et nous tenons à votre disposition pour tout échange à venir.

Solidairement,

La Dent Bleue, première association française créée par et pour la patientèle du dentaire | associationladentbleue@gmail.com

Affaire Guedj : encore un exemple retentissant d’échec dans la relation soignant-soigné

Il aura fallu plus de dix ans pour que s’ouvre enfin le procès des dentistes Guedj père & fils, poursuivis pour avoir sacagé à grand frais (et contre espèces sonnantes et trébuchantes) les bouches de plusieurs centaines de patient.e.s à Marseille. La Dent Bleue se réjouit de la tenue de ce procès important pour les victimes et s’interroge sur les leçons qui peuvent en être tirées, notamment au plan sociologique.

Montpellier, le 27 février 2022

Lionel Guedj et son père Carnot Guedj, tous les deux dentistes de leur état, sont poursuivis entre autres pour « violences volontaires ayant entrainé une mutilation ou une infirmité permanente », « escroquerie » et « faux en écriture privée », à la suite de faits qui se sont étalés jusqu’en 2012. Les deux chirurgiens-dentistes auraient dévitalisés des dents sans raison médicale, posé des couronnes sans essayage préalable, falsifié des dossiers médicaux et conduits des soins à la va-vite dans le but d’encaisser des sommes (mirobolantes, à en juger par leur train de vie) non seulement de la part de la patientèle mais aussi de l’assurance-maladie, organisme devenu aujourd’hui l’un des principaux « bailleurs de fond » des escrocs de la santé.

 

 

Alors que le procès Guedj débute, que faut-il en attendre ?

D’abord, que justice soit rendue. Comme nous l’écrivions au sujet du procès Dentexia (voir notre précédent communiqué), tout procès pénal vise à prendre en compte le préjudice subi par la victime, mais sert aussi à faire en sorte que son statut soit reconnu. Cette reconnaissance est la condition sine qua non pour que la victime soit restaurée dans sa dignité et puisse, enfin, commencer à sortir de sa situation de victime. Bien souvent, les victimes ayant déposé plainte et s’étant constituées parties civiles ne le font pas pour glaner indemnisations et autres dommages et intérêts, mais pour être « lavées » du fort sentiment d’humiliation (et de violence psychologique) qui a accompagné leur « parcours de soins » (entâché quant à lui de violences physiques) et pour en finir avec le sentiment d’impunité dont jouissent leurs bourreaux. Ces motivations sont partagées par les victimes des récents scandales dentaires de masse Dentexia et Proxidentaire. La Dent Bleue espère que les instructions judiciaires en cours en lien avec ces deux scandales pourront bénéficier d’un coup d’accélérateur et de projecteur suite à la tenue du procès Guedj, parce que le silence et l’invisibilisation font toujours le jeu des maltraitants, jamais des maltraités. En parallèle, notre association ne masque pas son inquiétude, notamment face à l’injustice des barèmes appliqués suite aux expertises médico-judiciaires dans le secteur de la dentisterie et qui minorent systématiquement le préjudice des victimes, réduisant leurs chances d’indemnisation et de réhabilitation à la fois au plan de leur intégrité physique que dans leur dignité.

Deuxième point, la lenteur des procédures ne doit pas éluder le fait que le retour aux soins est souvent trop tardif pour les victimes. Que sont devenues les victimes de l’affaire Guedj après la décennie qui vient de s’écouler ? Ont-elles toutes été soignées ? La problématique dentaire a cela de particulier qu’un.e patient.e ne peut pas être laissé.e « au milieu du gué » dans son parcours de soins, sauf à risquer une aggravation de son état de santé et de ses souffrances. Or, pour les victimes déplumées – au plan financier – par un cabinet ou un centre dentaire et qui ont laissé des plumes – au plan sanitaire – , l’onde de choc est particulièrement tenace. La Dent Bleue souhaiterait qu’une étude rétrospective soit conduite pour déterminer quelles victimes ont pu finaliser leurs soins avec succès et tourner la page et quelles autres restent engluées, plus de dix ans après les faits, dans des déboires dentaires, mais aussi potentiellement financiers, familiaux, psychologiques en lien avec les mauvais traitements subis de la part des dentistes Guedj. Une telle grille de lecture pourra par la suite être cooptée afin de nourrir un référentiel commun applicable à l’ensemble des victimes du secteur dentaire, pas seulement des centres dentaires « low-cost » mais tous établissements confondus.

Troisièmement, l’affaire Guedj fournit l’occasion de s’intéresser à la manière dont la division soignant-soigné illustre des rapports de pouvoir pouvant déboucher sur un échec de la relation thérapeutique, avec en toile de fond l’influence d’autres variables, telles que le statut socio-économique, pour l’instant largement ignorées par les analystes et les commentateurs.

Dans le cas de l’affaire Guedj, les témoignages disponibles font état de menaces (du type « il faut tout refaire sinon vos dents vont tomber ») et de fausses promesses (qui ont fait la triste renommée du « sourire Guedj », à savoir une bouche défaite) entendues par les victimes de la part des praticiens. Autant d’injonctions suivies par la patientèle de part la position généralement dominante du soignant, dépositaire d’un savoir-faire médical et technique qu’il peut exercer avec autorité, devant une personne en souffrance, infantilisée, perdue face au jargon et aux équipements du cabinet, contrainte de dévoiler sa sphère intime (orale et mentale) et finalement dépossédée de tout esprit critique (du grec kritikos, « capable de discernement »). Dans ces conditions, on comprend que le modèle du partenariat entre les chirugiens-dentistes et les malades prenne régulièrement du plomb dans l’aile, et avec lui l’alliance thérapeutique et la relation de confiance (y compris au niveau pécuniaire) qu’il s’agirait idéalement de pouvoir nouer à l’occasion de la trajectoire de soins dentaires.

Les scandales Dentexia et Proxidentaire ont en outre démontré que ce système « patriarcal » et binaire (indépendant du genre du/de la dentiste bien entendu) se double fréquemment d’une autre dichotomie : entre cette fois-ci le/la patient.e devenu.e client.e et le centre dentaire devenu pourvoyeur de prestations de service – ou le praticien devenu marchand assumé ou déguisé, comme dans le cas des dentistes Guedj. Dans leur très grande majorité, leurs victimes étaient des gens modestes, qui résidaient à l’époque dans les quartiers Nord de Marseille, rappellant (comme le formule Olivier Cyran, auteur de « Sur les dents : ce qu’elles disent de nous et de la guerre sociale », Ed. La Découverte, 2021) que les dents sont par nature un organe « intersectionnel », situé à la croisée de nombreux rapports de domination à l’œuvre dans notre société (entre soignant et soigné, entre un secteur dentaire mercantile et des patient.es devenus consommateurs.trices de soins) et révélateurs d’inégalités sociales en matière d’accès aux soins.

Plutôt que de se focaliser exclusivement sur le volet « sensationnaliste » des scandales dentaires, il nous semble impératif, face à la persistance tant des inégalités que des déviances, d’intégrer le statut économique et l’origine sociologique des victimes en tant que catégories d’analyse. Ce faisant, la façon dont ces variables affectent dans la durée non seulement le porte-monnaie mais aussi les corps de tel ou tel groupe de patient.e.s seront mieux appréhendées et des solutions pourront commencer à être trouvées pour diminuer les risques encourus par la patientèle dans son ensemble. Il ne suffit pas de prendre acte des scandales les uns après les autres et continuer le business as usual au niveau sectoriel et politique. Il s’agit de remettre en question en profondeur les paradigmes qui produisent du « péril sanitaire et financier », pour éviter la survenue des scandales et de toutes les situations dans lesquelles la patientèle est réifiée. Les futures victimes étant à chaque fois considérées comme des objets de soins plutôt que des sujets de soins que ce soit par des dentistes peu scrupuleux ou par un système de santé à la vision parfois trop court-termiste et aux corpus législatif et réglementaire bancales.

Solidairement,

Abdel Aouacheria

Pour le Collectif contre Dentexia & La Dent Bleue, première association française créée par et pour la patientèle du dentaire | associationladentbleue@gmail.com

 

 

“Comment choisir son dentiste ?”

“Le bouche à oreille est utile, mais il ne faut pas hésiter à rencontrer plusieurs praticiens.”

Ces titre et sous-titre sont ceux d’un article paru dans Le Figaro Santé, actuellement en kiosque (Janvier-Mars 2022), et qui consacre un numéro aux médecines complémentaires. Retrouvez l’avis et les recommandations de La Dent Bleue dans le texte intégral.

 

Solidairement,

 

La Dent Bleue

28 janvier 2022

associationladentbleue@gmail.com

 

 

Mal aux dents

 

Douche froide pour la patientèle du dentaire. Rejet par le Conseil constitutionnel des mesures proposées pour mieux encadrer les centres de santé : RDV au prochain scandale ?

Deux amendements déposés à l’automne 2021 avaient passé le filtre de l’Assemblée Nationale, faisant naître l’espoir d’un meilleur contrôle de l’ouverture et du fonctionnement des centres de santé dentaire « à but non-lucratif ». Alors que ces avancées avaient été adoptées et (trop vite) saluées par les différentes corporations, le Conseil constitutionnel en a décidé autrement en annulant en catimini l’article 70 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS2022). Retour ou presque à la case départ.

Comme détaillé dans notre précédent communiqué, deux amendements (n°AS1100 et n°327) avaient été déposés et adoptés (le 29 novembre 2021) qui auraient pu doter l’Assurance Maladie de nouveaux moyens pour contrôler les centres de santé, en particulier dans le secteur dentaire (à la fois le plus concerné et le plus problématique). Ces textes, bien qu’imparfaits et lacunaires, avaient le mérite de commencer à adresser le problème du risque posé par certains centres dentaires de type « loi 1901 » et cela au travers d’une stratégie multi-leviers : en proposant de jouer sur le conventionnement des centres, en instaurant des sanctions en cas de mauvaises pratiques, en restaurant l’autorisation préalable à leur ouverture et en améliorant le phénotypage de leurs équipes médicales. Ces nouvelles mesures formaient le cœur des articles 70 et 71 initialement inscrits dans le PLFSS pour 2022.

Alors que ces propositions paraissaient déjà bien timides au regard des récents scandales de masse (Dentexia en 2016 et Proxidentaire en 2021) et des béances tenaces de la « loi Bachelot » (détaillées dans notre pétition), c’est le scénario du pire qui s’est produit : le Conseil Constitutionnel a, par décision du 16 décembre 2021, déclaré contraire à la Constitution l’article 70, c’est-à-dire l’article qui précisement aurait introduit les mesures d’encadrement les plus attendues et les plus pertinentes.

Ainsi, sous prétexte d’un « vice de procédure », le Conseil Constitutionnel a balayé :

  • La nécessité d’obtenir un agrément pour ouvrir un centre de santé dentaire. Depuis l’instauration de la loi Bachelot en 2009, une simple déclaration sur la base d’un projet de santé et d’un règlement intérieur déposés auprès de l’Agence régionale de santé suffisent, autant dire des formalités purement bureaucratiques (voire bureautiques). Or, la restauration de l’autorisation préalable à l’ouverture aurait placé un obstacle tangible sur la route des fondateurs les moins motivés par la médecine dentaire et permis de détecter précocement les centres dentaires les plus à risque de fonctionner comme des sociétés commerciales déguisées. Nous voici donc contraints de repartir de zéro pour ce qui est d’assainir, au profit de la patientèle, l’écosystème des centres de santé dentaire, notamment ceux à bas coûts (également appelés centres « low-cost », de manière plus ou moins justifiée).

 

  • La nécessité de contrôler les qualifications des équipes médicales officiant dans les centres. Pourtant, les règles d’exercice du dentiste salarié en centre de santé associatif se devaient d’être clarifiées de façon urgente, pour protéger les patients en cas de faute médicale et surtout leur épargner des souffrances qui auraient pu être évitées. Nous tenons à rappeler qu’il n’existe aucune métrique permettant d’évaluer la douleur et la détresse psychologique et sociale d’une victime du dentaire. Aux douleurs physiques causées par un praticien incompétent s’ajoute bien souvent un sentiment de désarroi lorsque ce même praticien se retranche derrière la personne morale de l’association « loi 1901 » pour échapper en toute impunité aux procédures assurantielles et (lorsque son identité est connue, ce qui est loin d’être toujours le cas) aux sanctions du Conseil de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes.

 

  • La nécessité de nommer un chirurgien-dentiste référent, qui aurait été responsable de la qualité et de la sécurité des soins. Le rejet de cette mesure par le Conseil constitutionnel symbolise et subsume à elle seule l’annulation des deux précédentes : alors qu’un dentiste salarié aurait du être nommé dans chaque centre pour rendre des comptes auprès de l’ARS en cas de suspicion « d’atteinte à la santé des patients et à la santé publique », il n’en sera finalement rien. Dès lors, les gestionnaires gardent les pleins pouvoirs et ne peuvent que se réjouir de ce status quo. Il n’est pas aberrant de penser que les plus cupides d’entre eux profiteront d’avoir les mains libres pour monter leur petite affaire crapuleuse (subventionnée par l’argent public), qui ne manquera pas de leur rapporter de juteux bénéfices tout en causant moultes dégâts sur plusieurs années, impactant la vie de maintes victimes.

 

Sans changement, le futur n’est plus ni moins que le passé. Les mêmes causes génèrent inlassablement les mêmes conséquences. Ces lapalissades n’en sont pas vraiment. Nous déplorons qu’après deux scandales de masse et des lots de plaintes accumulés sur l’ensemble du territoire, qu’après deux rapports de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (2016-075R et 2016-107R) et un autre de la CPAM (« Charges et produits » du 2 juillet 2020), rien ne change. Nous avions cru que, dans un soubresaut tardif, le Législateur allait enfin prendre la mesure des effets délétères de la Loi Bachelot et tout mettre en œuvre pour corriger le tir. Quand bien même l’article 70 aurait été entériné, de multiples chantiers seraient restés en friche, comme nous l’avions détaillé dans notre précédent communiqué. Mais cet article 70 a été annulé, laissant l’article 71 seul face à ses carences, à son manque de portée et, il faut bien le reconnaitre, à ses contradictions :

 

  • Il est bien question de punir financièrement les centres et/ou leurs gestionnaires en cas défaut de conformité constaté. Cette idée de taper là où ça fait mal, c’est-à-dire au porte-monnaie des centres uniquement intéressés par le caractère lucratif de l’activité dentaire, semble à première vue intéressante. Toutefois, on peut s’interroger sur le rationnel (pour ne pas dire le bon sens) d’établir des sanctions financières en cas de dysfonctionnement avéré des centres au moment même où les mesures sensées éviter de tels dysfonctionnement disparaissent du projet de texte de loi !

 

  • En outre, aucun élément ne vient éclairer la manière dont les recettes des sanctions récupérées par l’Assurance Maladie viendront éventuellement « ruisseler » jusqu’aux victimes, si telle est l’intention du Législateur (ce qui reste à prouver dans les faits) ;

 

  • Enfin, le bénéfice direct pour la patientèle de la dernière mesure survivante prévue à l’article 71, à savoir la « fin du conventionnement d’office des centres de santé », s’avère particulièrement abscons pour notre association d’usagers du secteur dentaire.

 

Au final, nous regrettons la décision du Conseil constitutionnel d’avoir annulé les dispositions législatives énumérées ci-dessus qui, bien que largement insuffisantes, auraient permis de faire un pas dans la bonne direction. Nous regrettons également l’absence de consultation des instances de représentation de la patientèle (les collectifs d’usagers, notre association…), dont la voix est systématiquement court-circuitée par les professionnels, leurs syndicats et les lobbies du secteur dentaire. De son côté, le Législateur (dont le rôle est d’anticiper les effets qu’auront ses lois) n’a pas jugé utile de suivre les recommandations que nous lui avions faites sur son projet d’ordonnance, publié le 12 janvier 2018, qui n’a fait que promouvoir l’essor des centres dentaires associatifs, sans introduire aucun garde-fou.

Après s’être abondamment et trop rapidement congratulés d’avoir enfin réussi à modifier le corpus législatif, rares ont été les instances et les protagonistes à dénoncer le « hold-up » institutionnel qui vient de se produire et la situation d’échec dans laquelle nous nous trouvons collectivement. L’hystérisation actuelle autour de la pandémie et de l’élection présidentielle à venir ne doivent pourtant pas occulter les autres sujets essentiels.

D’aucuns avanceront que le formalisme dont a fait preuve le Conseil constitutionnel s’avère normal et incontournable, qu’il prouve la bonne santé d’institutions veillant au grain à ce que les lois s’implémentent selon le modus operandi « ad hoc ». Que leur répondre ? Que ce manque de réalisme et de vista nous sidère. Nous n’avons aucun mal à reconnaître que nous avions nourri de faux espoirs, aujourd’hui douchés par l’excès de zèle des « Sages de la République ». Nous poursuivrons nos efforts pour tenter de faire bouger les lignes, nonobstant. Pour éviter la survenue d’autres scandales, d’autres victimes et pour éviter que nos dents (ou leur absence) ne deviennent définitivement une marchandise soumise à la rentabilité économique.

 

Solidairement,

 

Abdel Aouacheria

Montpellier, le 09 janvier 2022

 

Pour le Collectif contre Dentexia & La Dent Bleue | associationladentbleue@gmail.com

 

Silence allows violenceChères, chers usagers, patient.e.s, victimes du secteur dentaire,

Vous êtes un certain nombre à nous laisser des messages ou à nous appeler pour nous faire part de votre désarroi, de votre sidération, de votre colère, et le plus souvent de votre tristesse mêlée à un sentiment d’injustice en cas de mauvais traitements ou de litige avec un cabinet dentaire ou un praticien. Nous faisons le constat que la parole des victimes est confisquée, puisqu’il n’existe aucun canal structuré permettant de recueillir et d’analyser leurs témoignages, ces derniers tombant dans la boîte noire des conseils ordinaux de chirurgiens-dentistes ou des Agences Régionales de Santé. Or, il existe un réel besoin de compiler, d’archiver et d’interpréter les doléances de la patientèle du dentaire, non seulement pour dénoncer les mauvaises pratiques, mais aussi pour être force de proposition face aux professionnels, aux autorités, aux pouvoirs publics et aux tutelles de santé.

C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui notre appel à témoignages : notre boîte mail vous est ouverte (associationladentbleue@gmail.com), sans date limite de réception, sans contrainte de format ou de taille pour vos textes, l’objectif étant de vous laisser vous exprimer librement.

Si vous désirez que votre message soit anonyme et le reste, merci de nous l’indiquer, nous le traiterons comme tel. Dans tous les cas, nous vous remercions pour vos mots, éventuellement vos photos. Nous mettrons tout en œuvre pour que ces éléments puissent être utiles, en venant nourrir la réflexion collective, en pointant les chausse-trappes pour mieux les éviter, en dégageant des points communs dans les trajectoires individuelles, en essayant de comprendre l’origine des maux pour identifier des solutions.

Cette initiative est fidèle à notre mot d’ordre: par et pour les patient.e.s.

Solidairement,

La Dent Bleue

La rage intacte des victimes

Chères toutes et tous,

Ce billet n’a pas vocation à être une recension du livre incroyable de notre ami Olivier Cyran, auteur de “Sur les dents. Ce qu’elles disent de nous et de la guerre sociale“, ou un résumé des lignes poignantes publiées ce jour dans L’Humanité sous la plume du fidèle Alexandre Fache. D’excellentes recensions du livre en question ont été rédigées qui sauront vous donner envie d’en feuilleter les pages, et les lecteurs.trices intéressées sauront où trouver le journal L’Humanité pour lire les articles consacrés au scandale Dentexia.

Ce billet cherche plutôt à attirer l’attention sur le fait suivant: à l’heure où les réseaux sociaux accaparent notre “temps de cerveau humain disponible” (selon l’expression consacrée en 2004 par Patrick Le Lay, ex-patron de TF1), il existe encore des journalistes, des médias, qui réalisent sérieusement ce travail titanesque de recherche, de compilation et de recoupements des informations et des témoignages avant de les présenter à une audience – souvent dans un style demandant lui-même du talent et/ou des années de pratique. Les dispositifs de commotion (internet, smartphones, séries,…) étant devenus omniprésents, les actualités succédant aux actualités à un rythme effréné, la pression du chiffre s’exerçant à toutes les strates, il n’est pas donné que ce type de travail et ce type de journalistes puissent tout simplement exister.

En tant que victimes, en tant que patients dont la parole est d’ordinaire muette, nous leur devons une fière chandelle.

MERCI donc à Olivier Cyran, à Alexandre Fache, dont les noms ne doivent pas masquer ceux de tout.e.s les autres, de Guillaume Lamy à Alice Gauvin, de Sylvie Montaron à Yan Di Meglio, la liste est longue et nous préférerons l’arrêter là, pour ne pas nous risquer à l’oubli. Ce dernier terme tombe à point nommé car c’est bien aussi de cela qu’il s’agit: ne pas sombrer dans l’oubli. Les productions de ces auteurs, jaillissant dans le présent, sont avant tout une tentative d’inscrire les évènements dans L’Histoire, de fabriquer des instantanés qui soient des portraits aussi fidèles que possibles d’une époque, mariant la monstration (le fait de montrer ce qui se présente) à l’analyse (le fait d’étudier ce qui se présente). L’affaire Dentexia implique les deux aspects: rendre audible / visible ce que les victimes ont à dire, par rapport à ce qu’elles ont vécu, et examiner les causes et les effets, comprendre ce qui s’est réellement produit et tenter d’infléchir le cours des choses pour éviter la survenue d’autres scandales.

Solidairement,

Abdel Aouacheria

Pour Le Collectif contre Dentexia et La Dent Bleue

 

Sur les dents d'Olivier Cyran

La Dent Bleue relaie une sollicitation d’un grand média TV (chaîne de télévision généraliste nationale) à la recherche de témoignages de victimes de blanchiment dentaire.

Montpellier, le 20 septembre 2022.

La dentisterie esthétique peut coûter cher au patient, à qui on peut promettre monts et merveilles pour avoir un sourire de 12 dents blanches bien alignées. Parfois les choses tournent mal: mortification dentaire, inflammation des gencives, rappelant que le blanchiment dentaire est un acte de dentisterie esthétique médicale.

Merci de nous contacter si vous ou une personne de votre entourage souhaitez témoigner en tant que victimes des conséquences délétères d’un blanchiment dentaire (en bar à sourire, à l’aide de produits achetés sur internet ou après un passage en cabinet).

Les personnels exerçant dans les bars à sourire ou en cabinet, et les distributeurs de kits et de stylos blanchissants sont également invités à nous contacter via notre plateforme anonyme et sécurisée Dental Leaks.

 

 

 

Solidairement,

La Dent Bleue, première association française créée par et pour la patientèle du dentaire | associationladentbleue@gmail.com

La Dent Bleue collabore activement au Hors-série “Spécial dents. Prévenir et soigner” de 60 millions de consommateurs.

Montpellier, le 20 septembre 2022.

L’association La Dent Bleue a apporté son aide au montage et à la rédaction de plusieurs sujets parus dans le Hors-série N° 215 “Spécial dents. Prévenir et soigner” (octobre 2022).

Implants, prothèses, produits efficaces ou nocifs, choix d’un dentiste… Un hors-série complet pour mieux prendre soin de ses dents en payant moins cher…

Nos sincères remerciements à la Rédactrice en chef Sophie COISNE et aux journalistes qui ont confectionné ce numéro pour leur confiance et leur professionnalisme.

 

 

Sommaire HS215 60 millions consommateurs

 

Solidairement,

La Dent Bleue, première association française créée par et pour la patientèle du dentaire | associationladentbleue@gmail.com

Les dentistes marseillais Carnot et Lionel Guedj condamnés à cinq et huit ans de prison!

Montpellier, le 20 septembre 2022.

Lionel Guedj, dentiste ayant exercé dans les quartiers Nord de Marseille, a été condamné à 8 ans de prison avec mandat de dépôt par le tribunal correctionnel de Marseille. Son père et associé Carnot Guedj a quant à lui été condamné à 5 ans de prison ferme. Au-delà de ces décisions de justice dont La Dent Bleue ne peut que se réjouir, notre association tient à féliciter les plaignant.es pour leur patience et leur ténacité au cours de dix longues années de procédure ! Nous souhaitons aux victimes de glaner les indemnisations auxquelles elles ont droit et de tourner, enfin, la page.

 

 

Les Guedj en prison

 

Solidairement,

La Dent Bleue, première association française créée par et pour la patientèle du dentaire | associationladentbleue@gmail.com

L’ancien dirigeant des centres dentaires low-cost Dentexia poursuivi et condamné pour l’organisation de “clandos” dans son Château de Génissac

Montpellier, le 11 juillet 2022.

Le 11 juin 2021, nous faisions parvenir aux médias un Communiqué de presse prudemment intitulé “Le château du fondateur de Dentexia aurait-il accueilli une fête clandestine lors du dernier confinement ?“, après qu’une de nos sources bien informée nous ait relayé l’information, à la suite de publications dans la presse locale.

Un nouvel article vient aujourd’hui confirmer et préciser l’information.

Nos pensées à toutes les victimes de cet escroc multirécidiviste.

 

 

Solidairement,

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Détartrage en enfer (magazine SPARSE, juin 2022)

 

INVESTIGATION

Résumé:

Fermés définitivement par I’ARS en octobre dernier, les centres proxidentaires de Chevigny-Saint-Sauveur et de Belfort font l’objet d’une instruction judiciaire digne des plus grands Faîtes entrer I’accusé. 78 plaintes au pénal sur fond d’abus de confiance, exercice illégal de la médecine et mutilations volontaires. Enquête sur une affaire hors norme.

Lire le PDF: Article Proxidentaire SPARSE_20220619_0001.

Texte : Léo Thiery
Illustrations : Mickaél Sallit

sparse

 

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CONSEILS POST-OPERATOIRES

Une intervention de chirurgie buccale nécessite certaines précautions post-opératoires pour assurer une cicatrisation rapide et éviter les complications.

Recommandations :

  • Il est préférable de prendre un peu de repos et éviter les efforts physiques violents.
  • Faire attention à ne pas se mordre la zone anesthésiée (joue, lèvre, langue)
  • Hygiène buccale : éviter le brossage (par brossettes et fil dentaire inclus) de la zone opérée jusqu’à la dépose des fils de suture. Faites les bains de bouche prescrits délicatement et appliquer le gel antiseptique . Après la dépose des points de suture, commencez le brossage avec une brosse post-chirurgicale prescrite (à acheter en pharmacie) et un geste léger pendant 7 jours.
  • Tabac : Fumer nuit à la cicatrisation et favorise les complications post-opératoires (infections, hémorragie…)
  • Alimentation : mangez des aliments nourrissants (vitaminés) mais mous, comme des œufs, de la viande hachée, des pâtes, de la purée, des fromages, des compotes. Evitez les aliments bouillants ou trop chauds, acidulés, pimentés et durs pouvant agresser la zone opérée.
  • Œdème : une intervention de chirurgie buccale peut entraîner une tuméfaction (gonflement de la joue ou de la lèvre) plus ou moins importante. C’est une réaction normale de l’organisme traitée par des médicaments anti-inflammatoires qui vous ont été prescrits. Pour limiter l’œdème, vous devez appliquer une vessie de glace (ou des glaçons enveloppés dans un linge) sur le côté du visage opéré, pendant une dizaine de minutes plusieurs fois par jour et ce pendant les 48 heures suivant l’intervention. N’utilisez pas de compresse chaude. Reposez-vous dans un endroit frais pas trop proche d’une source de chaleur (ex : radiateur), la tête et le buste surélevés par des coussins afin de favoriser le drainage de l’œdème (surtout la nuit). Les expositions prolongées au soleil sont vivement déconseillées. L’œdème éventuel commencera à disparaître entre le troisième et le septième jour suivant l’intervention. L’œdème est souvent associé à un hématome, coloration brune pouvant s’étendre largement au niveau du visage et du cou.
  •  Léger saignement : un saignement éventuel peut persister pendant les premières 24 heures. S’il devenait important, restez calme et placez directement sur la zone qui saigne 1 ou 2 compresses de gaze stériles et maintenez une pression ferme (avec les dents ou le doigt) pendant 10 minutes au moins. – Evitez les bains de bouche violents qui risquent de déplacer ou décoller le caillot sanguin. Evitez tout mouvement de succion, d’exploration de la plaie avec la langue ou les doigts. Il est déconseillé de fumer et de consommer des boissons alcoolisées ou des liquides chauds. – Si malgré ces précautions le saignement persiste, restez calme et prévenez votre cabinet dentaire ou, éventuellement en cas de problèmes majeurs prévenez les services hospitaliers d’urgence.
  • Douleur : elle peut survenir après une intervention de chirurgie buccale. Son intensité est très variable d’une personne à une autre et selon la nature de l’intervention. Elle est traitée par les médicaments qui vous ont été prescrits par le praticien ou son équipe médicale. Si la prescription s’avère insuffisante ou si vous souffrez de façon intense pendant plus de 48 heures, veuillez nous appeler au cabinet.
  • Vous venez d’avoir une greffe de gencive : la plaque palatine permet de protéger le site du palais pour favoriser la cicatrisation et diminuer la douleur par le contact permanent de la langue et des aliments. Elle ne doit pas être enlevée pendant les premières 24 heures qui suivent l’intervention. Ensuite, vous la nettoierez en la laissant tremper 15 minutes dans du bain de bouche et en la brossant puis vous la porterez à nouveau pendant 24 heures. Ensuite vous pourrez ne la mettre que si vous en ressentez le besoin (pour les repas par exemple.
  • Vous venez d’avoir une greffe au niveau du sinus : appliquer le spray nasal prescrit. Il est formellement contre-indiqué de se moucher (la surpression peut disperser le comblement dans la totalité du sinus). Eternuer bouche ouverte (ne pas se retenir). Un saignement nasal peut survenir et persister pendant 48 heures. Eviter si possible de prendre l’avion pendant les 3 semaines qui suivent l’intervention. Par ailleurs, la pratique de la plongée est contre-indiquée pendant 15 jours.
  • Vous venez de bénéficier d’un protocole accéléré : nous vous rappelons que les implants ne sont pas encore cicatrisés et demandent une attention particulière pendant 5 mois.
  • Vous avez eu une prothèse provisoire remplaçant une mâchoire complète : une alimentation molle (pâtes, riz, poisson, viande hachée…) est préconisée et il est formellement interdit de croquer pendant 5 mois.
  • Vous avez eu une prothèse provisoire remplaçant une ou quelques dents : il est formellement interdit de les solliciter pendant 5 mois.
  • Dans tous les cas, une hygiène minutieuse associée à un jet dentaire est conseillée.
  • Il indispensable de réaliser des visites régulières afin de contrôler la cicatrisation des implants.

CONSEILS PRE-OPERATOIRES

Une intervention de chirurgie buccale nécessite certaines précautions préopératoires pour assurer une cicatrisation rapide et éviter les complications.

Il est recommandé :

  • de ne pas prendre de médicaments à base d’aspirine avant l’intervention sauf si la prescription est médicale et liée à une pathologie cardiovasculaire ;
  • de ne pas oublier de prendre le médicaments prescrits ;
  • de ne pas être à jeun et préparer un repas énergétique de consistance molle pour après l’intervention ;
  • de ne pas prévoir une activité physique ou professionnelle intense dans les 24 heures suivant l’intervention.

Il est déconseillé de consommer des boissons alcoolisées au moins le jour de l’intervention et de fumer pendant les jours suivant l’intervention.

Si une pathologie générale (grippe, fièvre, etc…) est apparue depuis le dernier rendez-vous, si vous vous posez la moindre question, n’hésitez pas à appeler le cabinet.

Il est normal d’éprouver un peu d’anxiété avant une chirurgie, si c’est le cas, il existe des traitements adéquats, parlez-en à votre cabinet dentaire. Ces traitements impliquent généralement de s’abstenir de conduire et de trouver un.e accompagnant.e.

Le jour de l’intervention :

  • Préférez une tenue confortable,
  • Venez rasé
  • Evitez de vous maquiller
  • Vous serez revêtue d’une blouse stérile et des champs opératoires recouvrirons votre corps et votre visage, si vous êtes claustrophobe précisez-le à l’équipe médicale, des solutions existent.
  • Pendant l’intervention, vous devrez rester immobile et ne pas passer les mains au dessus des champs stériles
  • Après l’intervention vous serez gardé.e en observation une demi-heure ou plus.

CONSEILS DE BROSSAGE

Le brossage des dents est le principal traitement de la maladie parodontale. il est donc fondamental d’y apporter un soin particulier.

Il est important de rappeler que ce n’est pas la force appliquée n’y la dureté du poil de la brosse à dents qui font l’efficacité, mais la technique de brossage.

Dans tous les cas, seule une brosse à dents souple est recommandée.

Les brosses à dents électriques sont un atout majeur dans la suppression de la plaque bactérienne, nous vous encourageons à l’utiliser.

Il est préconisé 3 brossages par jour pour les patients atteints de pathologie parodontale.

Le soir, nous conseillons d’appliquer le protocole d’hygiène particulier suivant :

  • Déposer deux gouttes de révélateur de plaque dentoplaque INAVA sous la langue et visualiser les zones colorées sur les dents et les gencives.
  • Brosser toutes les surfaces colorées avec la brosse à dents trempée dans le bain de bouche pur. Ne pas oublier de brosser la partie interne des arcades dentaires, moins visible et plus difficile d’accès.
  • Passer le fil interdentaire entre chaque dent.
  • Passer la brossette interdentaire trempée dans l’eau oxygénée à 5 volumes entre chaque dent ainsi que sous les intermédiaires de bridge.
  • Reprendre la brosse à dents avec le dentifrice de votre choix et brosser à nouveau.
  • Finir par un bain de bouche.Le révélateur de plaque n’a qu’un but pédagogique : dès que vous avez appris à repérer la plaque bactérienne, ce n’est plus la peine de l’utiliser. De temps en temps, vous pouvez vérifier à la fin du brossage avec le révélateur que celui-ci a été efficace.

Nous vous rappelons que cette hygiène particulière doit être constamment mise en œuvre.