Le 02 mars 2025
Nos remerciements les plus émus à notre parrain Edgar Morin. Nous n'oublierons pas.

Edgar Morin (Source: Wikimedia Commons)
Moi, Edgar Morin, j’apporte tout mon soutien aux victimes de Dentexia, aussi longtemps que durera l’innommable déni de justice dans lequel ces « Sans-Dents » sont plongés. J’appuie de tout cœur l’action militante et poétique que ces patients abusés, désabusés, ont prévu de conduire dimanche. En d’autres temps, j’aurais mis mes forces dans cette bataille que je sais être juste : aujourd’hui je mets ma plume au service de leur engagement, que je sais être résistant et pétri d’espoir. La lutte de ces Sans-Dents (comme on les a nommés avant qu’ils ne se nomment eux-mêmes) n’est autre qu’une réponse obstinée au bruit assourdissant du sentiment d’injustice. Depuis une décennie, ces victimes se vivent en effet comme autant d’otages dans la prison d’un vainqueur : le sentiment d’impunité. Acceptera-t-on qu’elles ne sauvent leur dignité que par le silence et l’oubli ?
Leur dépôt de plainte collective prouve que les Sans-Dents, comme par le passé, ont à cœur d’intervenir dans un cadre légal. Leur rassemblement de la place Vendôme fait partie des menus gestes de présence, de dignité et de refus qui caractérisent toutes les expériences de résistance, par essence mouvantes et protéiformes. Ces manifestants immobiles ont choisi d’utiliser le registre de l’art sonore pour exprimer la part de singularité de leur engagement. Je veux croire qu’aucune police de contrebande ne viendra leur opposer le son des matraques. Ce serait tragique et déplacé, en plus d’être contraire au sens de l’évènement. Je préfère croire en la complicité protectrice des autorités, en une expression collective de sympathie durant les courtes minutes où résonneront les voix de ces personnes vulnérables, non-résignées et solidaires. Ecoutons ce que les Sans-Dents ont à nous dire. Laissons-les questionner Thémis, consciente de ses devoirs. Les Sans-Dents sont les maillons d’une histoire en train de s’écrire. Rendons justice à leur combat. Ces vies abimées ont déjà touché le fond de l’abîme. Pour les guérir du temps mort de l’attente judiciaire, faisons au moins en sorte que la porte bleue de l'Hôtel de Bourvallais leur soit désormais grande ouverte.
Et que Justice soit faite ■
Edgar MORIN
Le 2 mars 2025, Paris
SANS-DENTS MAIS PAS SANS-VOIX.
Solidairement,
La Dent Bleue, première association française créée par et pour la patientèle du dentaire | contact@ladentbleue.org
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