Alors que l’affaire Dentexia est le plus grand scandale dentaire français, les dernières orientations de l’instruction inquiètent profondément les victimes. Seules 45 ( !) d’entre elles seraient éventuellement retenues pour des atteintes corporelles, malgré les souffrances physiques et biopsychosociales largement documentées depuis 2016 et les 1600 plaintes avec constitution de partie civile déposées au TGI de Paris. Nous sommes en train d’assister à l’éclosion d’une jurisprudence redoutable : celle d’un système judiciaire qui, pour des raisons de moyens ou de convenance administrative, se permettrait de ne tenir compte que d’un fragment infime de victimes. Un précédent qui toucherait tous les futurs dossiers..
La Dent Bleue partagera sur demande les copies de l’avis de fin d’information judiciaire, de l’ordonnance de refus d’actes complémentaires et de son courrier d’observations envoyé ce jour au cabinet de la Juge d’instruction au TGI de Paris.
Le 27 novembre 2025
Un scandale sanitaire massif… réduit à une poignée de victimes ?
Selon les dernières informations transmises aux parties civiles, seulement 45 dossiers auraient été retenus par l’instruction pour les atteintes corporelles, alors que plusieurs dizaines de victimes ont vécu une véritable descente aux enfers. Pour rappel, le Ministère de la Santé avait débloqué en 2017 une aide à la reprise des soins (environ 2 millions d’euros versés aux dentistes) pour environ 500 ex-patients Dentexia.
Aujourd’hui, pourquoi 45 ? Pourquoi celles-ci plutôt que d’autres ?
Ce choix – ni expliqué, ni justifié – provoque une onde de choc parmi les victimes.
Comment accepter qu’une large majorité des plaignants soit invisibilisée, alors que leurs expertises, leurs états de santé et leurs préjudices sont comparables ?
Un glissement dangereux : du scandale humain au simple dossier financier
Les éléments portés à la connaissance de l’association suggèrent que les principaux responsables, Pascal Steichen et Nicolas Aimar, pourraient n’être poursuivis que pour des malversations financières, sans volet corporel, sans prise en compte des souffrances physiques et psychologiques générées par leur modèle économique délétère.
Une telle orientation est un coup de massue pour des victimes qui, depuis près de dix ans, vivent avec des séquelles, parfois des dettes, une perte de dignité et, trop souvent, des difficultés à se faire soigner à nouveau.
Pendant que les victimes s’enlisent, les responsables poursuivent leurs activités
La Dent Bleue pointe un contraste glaçant : les dentistes de Dentexia, entendus par la justice comme simples « témoins assistés », ont tous juré la main sur le cœur n’avoir « rien fait » et continuent en douce d’exercer ; Pire : M. Pascal Steichen lui-même dispenserait aujourd’hui sous une fausse identité (M. Pascal « Delion » selon son profil LinkedIn) des activités de coaching managérial ; les victimes, elles, sans accompagnement, sont laissées seules dans des procédures interminables sur lesquelles elles n’ont pas la main.
Cette asymétrie nourrit une question fondamentale : comment un scandale d’une telle ampleur peut-il déboucher sur une lecture aussi partielle et appauvrie des responsabilités ?

Vers une faillite judiciaire ?
Pour La Dent Bleue, les signaux actuels forment un tableau alarmant : une sélection opaque des victimes retenues dans l’enquête sur le volet sanitaire ; un recentrage possible sur les seuls aspects financiers ; l’effacement des préjudices corporels, sanitaires et psychosociaux ; la perspective d’un procès qui ne dira pas la vérité.
Pour les victimes, ce serait une amputation supplémentaire, la quatrième : après les dents, après l’argent, après la dignité, maintenant la justice.
Nous interpellons donc la justice française : peut-elle ignorer l’essentiel ?
La Dent Bleue réaffirme :
Le scandale Dentexia n’est pas un simple montage financier.
C’est un drame humain, documenté par l’IGAS, expertisé, vécu dans la chair et dans l’âme de centaines de personnes.
Il serait incompréhensible, et dangereux, qu’une telle affaire soit jugée sans que l’ensemble des souffrances soit enfin reconnu ■
Nous appelons les journalistes à enquêter sur l’orientation actuelle de la procédure, en ne tombant pas dans le panneau d’écouter des cabinets d’avocats qui n’ont rien vu venir, tout en spoliant les victimes de la seule arme qui leur reste : leur voix (si au passage vous avez un cabinet d’avocats à nous conseiller, nous sommes preneurs).
Solidairement,
La Dent Bleue, première association française créée par et pour la patientèle du dentaire | contact@ladentbleue.org
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Clair et factuel , merci
Je viens de faire changer une prothèse Ðentexia. La Couronne avait pris du jeu, l'infection s'est infiltrée entre la prothèse et la mâchoire......coût : 1640 €. Mais, par bonheur rien de grave. Le plus long a été de trouver du matériel compatible.