Dent pour dent N°1 : Les impénétrables voies de l’assurance-maladie

Au fil des ans, les patients ayant des prothèses fixes en bouche de type couronne céramo-métallique ou zircone, ou dents à tenon,  peuvent être confrontés à des descellements de ces reconstitutions prothétiques.

Ces descellements peuvent relever d’un problème consécutif à une nouvelle affection de la dent, nécessitant de nouveaux soins et la mise en œuvre d’une nouvelle solution mais, dans certains cas, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un scellement qui, au fil du temps et par un simple vieillissement inhérent à ses composants, n’assure plus son office.

Lequel matériau de scellement ne demande donc qu’à être renouvelé pour fixer de nouveau la prothèse fixe pour un temps susceptible d’être convenable et durable.

L’acte est codifié et inscrit dans la nomenclature : HBMD0016, rescellement et/ou recollage d’une ou deux couronnes ou d’un ou deux ancrages d’une prothèse dentaire fixée. HBMD009 à partir de trois couronnes ou ancrages.

Mais  il y est répertorié « N.P.C. – Non Pris en Charge » (lire : non remboursable par l’Assurance Maladie Obligatoire). Et comme les régimes complémentaires (mutuelles et assurances) ne complètent en général que les actes pris en charge (sauf cotisations en rapport), il n’y aura la plupart du temps pas davantage d’intervention de leur part.

Les honoraires (libres) habituellement constatés sont de l’ordre de 40 € à 50 €.

Parfois le praticien rescellera pour le montant d’une consultation (23 €) qu’il enregistrera et déclarera comme telle, ce qui peut lui attirer les foudres de l’assurance maladie s’il ne s’agit pas vraiment d’une consultation. On ne niera pas que cet acte est parfois aussi réalisé gratuitement.

Un acte gratuit pour fidélisation du patient, pourquoi pas ? Bien que le coût horaire de fonctionnement des cabinets ne puisse pas trop permettre à un praticien ce type de faveur. La gratuité se traduit nécessairement par d’autres encaissements à due concurrence quelque part. Et cette gratuité, si tant elle qu’elle serait réelle, n’est ni un modèle viable ou soutenable ni opposable au praticien.

Si le diagnostic s’y prête, le patient se verra donc averti que la couronne peut être rescellée. En première intention, le patient sera d’ailleurs venu pour ça. Qu’il lui en coûtera tant. Que cette somme ne sera pas remboursable par ses assurances sociales.

L’alternative pour le patient qui rechignerait à ce reste à charge (d’un montant qu’il pourra considérer comme significatif et dissuasif selon le niveau de ses ressources), pourra être de remplacer cette couronne.

Dans le cadre du « Plan 100 % Santé », son reste à charge sera alors (pourra) être de zéro, versus les quatre ou cinq dizaines d’euros du rescellement.

A la charge de l’assurance maladie cette fois : 70 % du tarif de responsabilité (120 €) soit 84 €.

Et surtout un surplus pour le régime complémentaire frais de santé (Mutuelles, assurances), puisque en tout état de cause inclus dans le panier de soins d’un contrat labellisé responsable : de 206 € à 416 €.

Des dépenses entièrement socialisées cette fois à la place d’un acte qui n’aurait pu revenir qu’à 40 € ou 50 € s’il avait été remboursable pour le patient désargenté.

Les voies qui ont amené l’assurance maladie à ne pas considérer le rescellement d’une prothèse comme un acte pris en charge sont impénétrables.

De quoi avoir une dent contre…

25 octobre 2022

Par : PLR

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N’hésitez pas à faire remonter à La Dent Bleue vos témoignages !

 

4 comments on “Dent pour dent N°1 : Les impénétrables voies de l’assurance-maladie”

  1. Bonjour,
    En 2008, J’ai une prothèse CCM en dent 15 (elle a 12 ans) qui bouge, le dentiste tire dessus facilement, me dit je vais la recoller, et prend une colle et la replace. la semaine suivante (j’étais dans un protocole de soins pour la 46) je lui dis “elle bouge encore un peu” il constate qu’elle bouge et me dit “la dent est trop pourrie” il faudra l’arracher. Moi j’étais d’accord car une fois recollée elle était plus longue, plus haute et tapait sur l’antagoniste. Il me l’a arrachée, j’ai toujours un trou aujourd’hui.

    Mais pour moi, il a fait une erreur que j’ai découverte plusieurs années après grâce à un autre dentiste, qui dans une situation similaire (dent 16), a passé du temps pour ôter la colle dans la CCM et bien gratter et désinfecter l’inlay-core (pivot) dentaire. Il m’a même dit “j’ai donné la CCM à mon assistante pour qu’elle la passe dans l’ultrasons pour arriver à gratter la colle au fond de la prothèse).

    Le dentiste de 2008, n’a rien fait de tout cela, puisqu’il a uniquement pris de la colle et recoller. Recoller sur de la colle ancienne, la CCM bougeait donc, puis il m’a menti en disant que la dent 15 était pourrie. Et de cela aucune trace, ni rapport écrit, qui comme le ferait un artisan pourrait être : CCM ne tient plus, recollage à la “glue réference XXX”, sans aucun nettoyage, ni grattage, ni désinfection ni de la CCM, ni de la dent et de son inlay-core (pivot).
    Si j’avais eu un rapport précis et honnête de son travail, j’aurais pu le contraindre à me dédommager.

  2. Merci Michel pour votre témoignage.
    Il m’est arrivé la même histoire.
    J’avais une couronne très ancienne (23 ans) en 15.
    Elle était usée et ma dentiste m’a proposé de la changer.
    Chose faite après beaucoup de difficultés pour la retirer…j’ai même pensé qu’elle allait me casser les racines en tapant si fort.
    Malheureusement un an après la pose d’une nouvelle couronnej’ai eu un abcès à cette dent.
    La couronne à été défaite. La racine principale nettoyée, hélas avec débordement de produit dans l’os au dessus.

    Puis la dent a été recollée, mais trop haute, trop de colle certainement?
    Sous la pression des mastications une des racines qui recevait l’inlay core s’est cassée. La couronne est tombée.
    Aucun choix : dent arrachée.
    Seule solution si je veux une nouvelle dent : un implant à plus de 3000 euros de soins.
    Je regrette d’avoir dit oui à cette dentiste pour le changement de ma vieille couronne. Dentiste à laquelle j’ai été fidèle 28 ans. Et que j’ai quittée.

    Courage à vous,
    Et merci la dent bleue de vos actions plus que nécessaires pour défendre la santé des patients.
    Cordialement,
    Pascale

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